Changer son rapport à la mort et la perte d’un être cher

« Ceux qui regardent uniquement à la surface de la mer perçoivent une vague qui naît et qui meurt. Ceux qui recherchent dans les profondeurs de l’océan voient une masse d’eau indivisible. De la  même façon, ceux qui voient une différence entre « vie » et « mort » sont tourmentés par la douleur tandis que ceux qui voient l’expression d’une supra-conscience se sentent bénis. » Ainsi s’exprimait le maître Yogananda. Dans une société où la mort est cachée, où la perte d’un être cher est vécue comme une douleur dont on ne sait comment s’en remettre car finalement personne ne nous enseigne à vivre la mort… que nous apprend le yoga ? A développer notre œil sage pour voir au-delà des apparences.

Au delà de l’impermanence

Shabkar, yogi tibétain du 19ème siècle écrivait à sa mère qu’il savait vieillissante qu’il reviendrait lui rendre visite : « L’an prochain… Je viendrai te voir… L’an prochain. » sauf qu’entre temps sa mère est morte sans qu’il l’ait revue. Dans son propre cheminement intérieur, l’une des premières choses à réaliser est que nous sommes impermanents. Un jour ou l’autre, tous nous mourrons. Il y a une différence entre savoir et réaliser. Si nous savons que la mort existe mais nous ne faisons pas les actions en conséquence alors nous passons à côté de quelque chose d’important. Vous pouvez passer à côté de votre vie elle-même.

Et réjouissons-nous de l’impermanence ! Elle nous rappelle ce qui est éphémère et nous invite à sonder ce qui ne l’est pas. Le corps physique est comme un vêtement que nous portons. Chaque jour, nous changeons de vêtement. Pourtant celui qui le porte est toujours le même. Cela ne vous viendrait pas à l’idée de vous dire que vous êtes le manteau que vous portez. Celui qui prend conscience qu’il est en voyage sait que c’est temporaire et se prépare mieux.

« Dès l’heure de notre naissance, nous avançons vers la mort. Et nous passons pourtant le plus clair de notre existence à faire provision pêle-mêle de nourriture, de vêtements et d’amis. A l’heure de notre mort, il faudra laisser tout cela derrière nous. Ce voyage vers l’autre monde, nous devons le faire seul, sans personne pour nous accompagner. » Dalaï Lama

La réalisation de soi dans l’éternel

Or ce voyage vers l’inconnu fait peur. Et celui qui reste seul quand l’autre s’en va souffre. La mort n’a pourtant rien de misérable. Elle est libération comme nous le rappelle Yogananda en prenant l’exemple du sommeil. Est-ce que vous vous sentez misérable lorsque vous perdez conscience durant le sommeil ? Non vous acceptez le sommeil comme un état de repos et libération. C’est la même chose avec la mort. Celui qui s’en va comme celui qui reste doit être courageux et ne pas avoir peur d’expérimenter mort et sommeil qui font partie de la vie.

Comme la fleur qui fane au sein de la conscience éternelle… Le yoga nous enseigne la réalisation de soi. Réaliser que l’on est bien plus qu’un corps mortel. Trouver son essence et par cela-même, celle de la conscience suprême. Et pour cela, l’eau nous rappelle ce que cela signifie : chaque vague part d’une rive vers l’autre. Une vague naît, une vague  meurt. Un corps naît puis meurt. Mais l’essence même est toujours là. Nous l’appelons l’essence de l’âme.

« L’âme ne connaît ni la naissance ni la mort. Vivante, elle ne cessera jamais d’être. Non née, immortelle, originelle, éternelle, elle n’eut jamais de commencement, et jamais n’aura de fin. Elle ne meurt pas avec le corps. » Bhagavat Gita

Changer notre perception de la mort est possible car chacun a le pouvoir de lever le filtre misérable qu’il place sur son mental. Ce n’est pas facile car dans nombreuses sociétés, le poids de la culture autour de la mort est lourd et négatif mais bienheureux sont ceux qui trouvent la clé du mental et le secret de l’âme. Et si dans nos sociétés modernes, la spiritualité a pris un goût étrange teinté par les conflits des religions, il n’y a pas besoin d’être chrétien ou d’une fête spécifique pour envoyer des vibrations et de l’amour à ceux qui sont morts. Comme la tribu amérindienne des Navajos entrevoyez du positif dans le départ de la personne et de célébrer la mort au lieu de la subir.

 

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