Se transformer grâce à la crise sanitaire

Dans un entretien au quotidien Le Monde en avril 2020, le sociologue et philosophe Edgar Morin disait : « cette crise nous pousse à nous interroger sur notre mode de vie, sur nos vrais besoins masqués dans les aliénations du quotidien ». Il met en lumière ce que ressentent dans leurs cœurs de plus en plus de personnes ; l’importance de changer de voie.

Changer de voie ne peut se faire sans une transformation intérieure. Vous connaissez sans doute la célèbre parole de Gandhi : « commence par changer en toi ce que tu veux changer autour de toi ». Le yoga offre au yogi (pratiquant du yoga) un cheminement avec la perception de ce qui est là, la prise de conscience des mécanismes de pensées qui ont été inculqués, ce qui nourrit l’ego mais nous éloigne de notre vraie nature illimitée, à prendre conscience de l’essence sous-jacente à tous les phénomènes.

Les leçons de la pandémie covid-19

La pandémie covid-19 est extraordinaire dans le sens où elle vient nous titiller, nous rappelant notre fragilité, l’impermanence et le principe d’interdépendance. Dans notre société moderne, nous avons peur de la mort. Si bien qu’elle a le « mauvais » rôle et nous partons en « guerre » contre elle. La plupart des personnes luttent plutôt que vivre pleinement ce passage de vie qui nous est offert. L’accent est mis sur un tas de choses dont les médicaments pour combler notre fragilité plutôt que de se renforcer soi-même. La pensée de l’humain individualiste et consommateur domine au détriment de la vision globale d’unité. Nous le voyons maintenant avec chaque décision politique et économique qui impacte chaque couche de la société.

Que se passe-t-il si nous changeons de perception ?

Maître Padmasambhava nous a transmis au 8ème siècle un héritage précieux dans le Livre des morts tibétains : « La mort est vécue comme une rupture brutale par rapport à l’apparente continuité d’un être vivant. Elle est pour celui qui subit et ses proches un réveil douloureux aux réalités de l’existence. Elle nous paraît d’autant plus cruelle et inique que nous entretenons l’espoir d’une continuité qui serait de la permanence. Pourtant la vie n’est qu’un foisonnement d’évènements transitoires, un bouillonnement d’impermanence« . Il y a donc un effort à faire en son esprit pour lui apprendre à voir autrement. Et cela nécessite de comprendre que c’est soi-même qu’il convient de modifier, de se rapprocher de la Nature avec un grand « N » qui nous unit tous, de développer les qualités dites « sattvic » qui intègrent la compassion, la douceur, la lumière, la sérénité.

Avoir la volonté de se transformer

« Je me sens seul », « je ne suis pas heureux », « je suis blessé », « je suis triste »… l’épidémie covid-19, le confinement et reconfinement ont été des portes aux douleurs et à la souffrance pour certains d’entre nous.

La fleur de lotus vit dans la boue. Est-ce que c’est pour cette raison qu’elle tire vers la lumière ? Même si la vie vous met face à des épreuves, si vous avez la volonté, vous pouvez transformer cela en vous en tirant vers la lumière. Mais attention à ne pas chercher en dehors de vous même. « Chercher l’éveil ailleurs que dans son propre esprit, c’est comme partir dans la forêt sur les traces d’un éléphant déjà chez soi ! » la pensée tibétaine une fois de plus nous éclairera pour cet article.

« Vous n’êtes pas seul »

Comme le souligne Edgar Morin « Il y a une fermentation formidable de mouvements, d’idées et d’élans qui prennent corps dans la société. » En effet, nous sommes nombreux à sentir l’appel de la Nature, à faire le choix de revenir à l’essentiel, à mettre en place la gouvernance partagée, à monter des écolieux, des entreprises autour de l’environnement et de l’humain, à nous organiser pour montrer qu’il y a d’autres chemins…

Le yoga rend ce cheminement possible. Il convient de pratiquer sérieusement. Comme nous l’enseigne Patajanli qui a codifié le yoga. Pour révéler notre capacité d’être, il convient de pratiquer l’état de yoga qui révèle cette conscience d’unité par « une base solide pratiquée avec ferveur, persévérance, de façon ininterrompue et pendant longtemps », cela sous la guidance d’un maître / guru éclairé.

Alors en période de fermeture des salles de yoga imposée par la pandémie Covid-19, continuez à pratiquer, à sonder votre intérieur et n’hésitez pas à pratiquer en groupe, notamment aux sessions gratuites et en don libre proposées par les professeurs partenaires de l’association Orezen.

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